Pipelines : pourquoi ne pas passer par la baie d’Hudson?

Par Jean-François Cliche, Le Droit, le 10 février 2020

SCIENCE AU QUOTIDIEN / «Pourquoi est-ce qu’on ne construirait pas un pipeline entre Fort McMurray et le port de Churchill, dans la baie d’Hudson? Ça ferait autant l’affaire du Québec, qui ne semble pas vouloir d’un pipeline, que de l’Alberta, qui cherche des sorties sur la mer pour son pétrole. Churchill est un port en eau profonde. Et puis, pour ce qui est des glaces, lorsqu’il passera 10 ou 20 pétroliers par semaine aller-retour, le chenal n’aura pas le temps de regeler, quitte à y faire passer une couple de brise-glace en plus. Alors ça vaut la peine d’y penser, non?», demande Ernest Laplante, de Notre-Dame-du-Nord.

L’idée peut a priori sembler un peu saugrenue, puisque elle implique de traverser la baie et le détroit d’Hudson, qui sont couverts de glace un bon six mois par année, voire plus proche des côtes. Mais le fait est qu’avec le réchauffement climatique, la «saison des eaux libres» allonge considérablement. D’après une étude récente parue dans la revue savante Elementa, la baie et le détroit d’Hudson ont été libres de glace pendant respectivement 130 et 132 jours par année en moyenne entre 1981 et 1985 ; de 2010 à 2014, on en était à 155 et 178 jours.

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